Le mardi suivant, Stella se rendit au cours d'anglais. Lorsque Matthias entra en classe, elle lui sourit.
« Salut ! » lança-t-elle joyeusement.
Il lui jeta un coup d'œil, ne répondit pas et alla s'asseoir à sa place habituelle, seul au fond de la classe.
« Peut-être qu'il parle pas français ? suggéra Clair d'un air ironique.
- Quand même, il pourrait répondre ! » fit Cécilia, vexée pour Stella.
Lorsque le prof interrogea Stella, Matthias leva la tête. Elle bafouilla encore plus que d'habitude.
Le jeudi, vers neuf heures et demie, elle reçut un appel. Elle attrapa son portable, c'était Matthias.
« Allô ?
- Eh, machine ! Qu'est-ce que tu fous ? Je t'attends depuis un quart d'heure !
- Hein ?
- T'es chez toi ?
- Oui.
- T'étais pas à L'étoile, alors je suis venu te chercher. Je t'attends en bas de l'immeuble, dépêche-toi.
- Mais...
- Vu ton niveau, y a vraiment du travail, alors je t'accorde deux minutes. »
Stella nota une touche de moquerie dans sa voix, mais elle ne releva pas. Elle se pencha à la fenêtre. Il était appuyé contre le mur, l'air impatient.
« J'arrive ! » lui cria-t-elle.
Il leva la tête et ne répondit pas. Surprenant.
Elle se remaquilla en vitesse, arrangea sa coiffure et dévala l'escalier.
« Salut !
- Ah, enfin ! J'ai failli crever d'impatience.
- Eh ! On avait jamais dit qu'on devait de voir aujourd'hui !
- Et alors ?
- Si ça te soûle, t'es pas obligé de me donner des cours, hein !
- La non-assistance de personne en danger, c'est répréhensible par la loi, tu sais ? Vu ton niveau, je risque la prison.
- T'es si doué que ça, pour te permettre de me critiquer ? répliqua Stella, virant au rouge.
- Ouais, je me débrouille... J'ai vécu cinq ans à Los Angeles.
- Hein ? Sérieux ?
- Nan. »
Stella soupira.
« On t'a déjà dit que t'étais vraiment chiant ?
- Mmmh... Oui.
- T'es pas censé répondre.
- Alors ne pose pas de question. On retourne à L'étoile ?
- Mouais... » soupira Stella, vaincue.
Il lui parla en anglais. Elle le fixa.
« T'as compris ? lui demanda-t-il devant son air stupéfait.
- Oui.
- Alors réponds !
- Je dis quoi ?
- J'en sais rien, moi... Parle-moi de toi. »
Elle rougit légèrement. Pour cacher son embarras, elle rabattit quelques mèches de ses cheveux noirs devant ses yeux, et baissa la tête.
« Je parle pas aussi bien que toi.
- Ouais, ça, j'avais remarqué. C'est pour ça qu'on est là, je te rappelle. »
Elle craignait qu'il se moque d'elle, si elle faisait des erreurs, et n'osait donc pas se lancer.
« Tu pourrais m'aider à traduire le texte qu'on doit lire pour mardi ?
- Ouais, si tu veux.
- Euh...
- Tu l'as ici ?
- Non. »
Il soupira et se leva.
« Tu bouges ?
- Quoi ?
- On va chez toi.
- Hein ? »
Chez elle... il y avait des vêtements éparpillés partout, ainsi que des magazines de mode, du maquillage, des livres et des films de fille... Elle ne pouvait quand même pas inviter quelqu'un dans un tel bazar !
lundi 1 décembre 2008
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